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V O Y A G E S
1
"Sans franchir sa porte
on connaît l'univers.
Sans regarder par sa fenêtre
on aperçoit la voie du ciel.
Plus on va loin, moins on connaît.
Le saint connaît sans voyager
comprend sans regarder
accomplit sans agir."
(Lao-Tseu).
2
"Je suis piéton de la grand'route par les bois nains ;
la rumeur des écluses couvre mes pas.
Je vois longtemps la mélancolique lessive d'or du couchant."
(Arthur Rimbaud).
"O les énormes avenues du pays saint, les terrasses du temple ! Qu'a-t-on fait du brahmane qui m'expliqua les Proverbes ?
D'alors, de là-bas, je vois encore même les vieilles !
Je me souviens des heures d'argent et de soleil vers les fleuves, la main de la campagne sur mon épaule, et de nos caresses debout dans les plaines poivrées."
(Arthur Rimbaud).
3
"O mon coeur, si tu ne peux supporter le chagrin, va-t-en.
La gloire de l'amour n'est pas peu de chose : va-t-en.
O mon âme, viens, toi, si tu es sans effroi,
Mais si tu as peur, ce n'est pas ton affaire, va-t-en."
(Djalal-od-Dîn Rumi).
"Quand cette perle était avec moi, j'étais rempli de joie.
Agité comme la vague par le souffle de mon propre être,
Bouleversé comme le tonnerre, j'ai dit le secret de la mer
Et pareil au nuage assoiffé, j'ai dormi sur le rivage."
(Djalal-od-Dîn Rumi).
4
"Mets à ton coursier le mors et la bride
Et enlève-le tout sellé et harnaché vers le ciel !
Enfourche la monture de tes pensées
Et place ton pied dans l'étrier de l'Absolu.
Allons ! Je t'emmène au Paradis
Et si tu bronches, je te frapperai du fouet de l'Amour !
Ceux-là sont bons cavaliers, dit Kabîr
Qui se gardent du Véda et du Coran."
(Kabîr).
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Publié à 10:00, le 3/09/2007 dans V. VOYAGES |
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Une VIE de CHIEN
Cette expression proverbiale est d'une pertinence absolue.
La vie des chiens est chaos ininterrompu de difficultés, de sacrifices et d'efforts pour survivre.
Dans la jungle des rues, les chiens doivent sans cesse imposer leur droit, fragile et provisoire, à l'existence.
Démonstration à l'aide de quelques photos :
Bande de vauriens squattant un trottoir
après une féroce bagarre nocturne (Leh).
Teigneux méditant une revanche
contre une bande canine rivale (Rampur).
Clebs assommé au bas d'escaliers à Shimla.
Frères de combat cherchant des conseils
après une virée de plaies et de bosses (Vashicht).
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 11:14, le 1/09/2007 dans U. Une VIE de CHIEN |
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SHIMLA
Difficile d'y trouver un logement
bon marché autour de la gare routière
Il faut grimper sur une colline au delà
de la State Bank of India
où de nombreuses guest houses
louent surtout à des Indiens
Shimla, la britannique, avec son Mall
ses beaux arbres aux vastes ramures
ses monuments publics de pierres anglaises
et son smog, qui lentement envahit
les côteaux jusqu'à Christ Church
L'Inde s'invite avec les singes facétieux
les chiens copulant à Scandal Point
lovés pour la nuit au milieu du Ridge
avec les bazars, surchargés d'échoppes
où les vaches grapillent aux étals
A Shimla, on revendique propreté et espaces verts
c'est une ville de casernes et d'uniformes
de tenue, de retenue - so british
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 12:47, le 31/08/2007 dans T. SHIMLA |
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RAMPUR : une visite impromptue
A Sarahan vers 6h30 ce matin, je prends le premier bus en direction de Shimla, ma véritable destination.
Le bus a pour terminus Rampur, où il arrive vers 8 heures.
Au lieu de grimper dans un bus pour Shimla, je prends un thé et une paratha dans une dhaba de la gare routière. Puis je décide de visiter Rampur.
Mon sac en dépôt chez un marchand, je descends vers la rivière Sutlej.
La vieille-ville de Rampur est bâtie à flanc de côteau.
Par des escaliers, j'aboutis au Main Bazaar, où je cherche une cyberboutique. Mais il est trop tôt, presque toutes les boutiques sont fermées.
J'erre comme une âme en peine...
A 920 m d'altitude seulement, je crève de chaud avant 9h et retire ma polaire. Chaleur et humidité, je n'étais plus habitué à cet écoeurant cocktail !
Je fonce vers la Sutlej pour chercher un peu de fraîcheur.
Au milieu du pont, je regarde ses eaux limoneuses rouler sur elles-mêmes avec fracas. Le pont vibre et ondule comme un dragon affamé. Le ciel est bouché par d`épaisses couches de nuages.
Je traîne un peu, en photographiant des passants, les deux rives boisées, un temple hindou rose tout proche, d'où un saddhu m`observe.
En remontant, au bout de Main Bazaar, je tombe sur un parc, où je passe une demie-heure à photographier.
Une libellule vrombit, fait de la voltige au-dessus d`un bassin.
Certaines fleurs avaient encore échappées à ma furie photographique :
Ce petit parc, très agréable, comprend des massifs de bougainvillées, des bosquets taillés, une pseudo grotte de rocailles encadrant le bassin, quelques pelouses.
Main Bazaar, une cyberboutique, découverte avant 8h30 et qui devait ouvrir à 9h, reste close. Un passant m'informe qu'elle devrait ouvrir à 10h...
Devant ma mimique désabusée, un jeune homme me guide dans le dédale du bazar vers une salle, dotée d`ordinateurs, et pleine de jeunes.
Tous attendent la fin de la coupure de courant ! (Je repasserai une heure plus tard, retrouvant le même public, attendant un hypothétique retour de l`électricité...)
Je remonte donc à la gare routière.
En face, un ancien temple de pierre, avec de belles lauzes comme couverture, dont la charpente en bois est ornée de sculptures et de gravures.
L'intérieur du toit est entièrement sculpté.
On dirait un temple d'Hanuman.
Une statue du dieu singe garde à gauche l'entrée, l'autre statue est cassée.
Dans cette zone, de nombreux ouvriers restaurent les bâtiments.
Je redescends pour mieux apprécier le vieux Rampur.
Autour d'une grande école publique, je repère plusieurs lieux.
Vers la rivière, un cimetière musulman assez ombragé contient quelques tombes.
Sans doute, les tombes du Maharaja de Bushahr et de la Maharani.
Certaines stèles sont encore en place.
Aucun entretien...
Une vache allongée rumine sur le passage du temps et la vanité des choses humaines...
A la sortie, dans le caniveau, gisent deux stèles du cimetière...
En face de l`école, un temple hindou, récent et pimpant, est entretenu par un saddhu.
Des sculptures le complètent, comme un taureau blanc Nandi (un petit personnage tient sa queue).
Et un lion jaune olive, qui tire une langue rose.
A droite, le chemin donne sur un atelier, où l'on broie des écorces pour en tirer une substance orange, dont on remplit des sacs.
Plus bas, c'est l'entrée d'un temple (indiqué nulle part), construit dans un parc à l'abandon, où des familles habitent deux maisons. Construction en pierre, couverture en lauzes, mais la charpente en bois est en piteux état.
Un saddhu qui me regarde de l'autre côté du muret m'apprend que c'est le Ramasita Temple.
J'aime bien ce temple, dans ce cadre verdoyant. Il n'a aucune sculpture remarquable. Sa porte est cadenassée.
Ensuite, je remonte le bazar, qui contient des temples moins intéressants. Pour moi, Rampur, c'est le retour dans une Inde hindouiste, où je ne vois guère de Ladakhis, de Népalais.
A la gare routière, je récupère mon sac à dos, monte dans un bus pour Shimla.
Il est 11h30, j'ai déjà faim, mais 6 heures de trajet m'attendent.
Lionel Bonhouvrier.
DROIT D'AUTEUR :
Les textes et les photographies présents sur ce blog http://inde2.uniterre.com sont protégés par le droit d'auteur et les droits de propriété intellectuelle.
Toute reproduction ou représentation, sans autorisation préalable de l'auteur, en tout ou partie, de tout texte présent sur ce site à d'autres fins sur un quelconque support est interdite.
Le non-respect de cette interdiction constitue une contrefaçon pouvant engager la responsabilité civile et pénale du contrefacteur.
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Publié à 12:41, le 30/08/2007 dans S. RAMPUR : visite impromptue |
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SARAHAN : le temple de Bhimakali
Au XIXe siècle, pour apaiser Bhimakali
on pratiquait encore des sacrifices humains
au temple Lankra vir...
Le Srikhand Mahadev (5227 m)
disparaît sous une masse nuageuse
Sarahan domine de très haut la Sutlej
attire pour le temple de Bhimakali
une variante de Kali, la sanglante
Un soldat, baïllonnette au fusil, veille :
se déchausser, ne pas photographier
porter un couvre-chef...
L'alliance du bois sculpté, de la pierre grise
et des lauzes sur les toits, surprend
Le temple de droite, vieux de 800 ans
est en cours de reconstruction
une nuée d`ouvriers s'active sur le chantier
beaucoup cassent des cailloux
à 16 h, tous s'arrêtent pour un thé
Le temple de gauche, du début du XXe siècle
se visite sommairement : un guide montre
la statue de Bhimakali, en vitesse
il veut déjà redescendre !
Je fais le sourd, puis lâche, très british :
- "Shanti, shanti ! We are in India, not in America !"
Cela l'amuse, et il me propose un thé...
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 12:37, le 29/08/2007 dans R3. SARAHAN : temple de Bhimakali |
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Du KINNAUR
Situé au Nord de l'Inde en sa partie himalayenne, le Kinnaur est une région orientale de l'Himachal Pradesh, voisine du Tibet.
Il est traversé d`Est en Ouest par la Sutlej (Satluj), où se jette la Spiti vers Khab (au Sud de Nako).
La Sutlej prend sa source près du mont Kailash au Tibet.
Les Kinnauris respectent un mélange d`hindouisme et de bouddhisme tibétain.
Par exemple, Kalpa possède un temple bouddhiste, au toit pagode de tôle galvanisée jaune, et une zone de temples hindous, aux belles sculptures en bois.
La pièce essentielle du costume traditionnel kinnauri est le thepang.
C'est une toque de laine, très souvent grise pour les femmes et marron pour les hommes. Elle possède un revers sur les deux tiers de sa circonférence, le plus souvent vert. Un liseré rajoute une couleur supplémentaire, par exemple le rose, à cette coiffe fort élégante.
On peut voir aussi des thepang dont le revers est bordeaux, mais ils sont rares. Le thepang est porté par davantage de femmes que d'hommes.
Les hommes qui s'en coiffent sont presque tous âgés.
Serait-ce pour cacher une calvitie peu seyante ?
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 12:32, le 28/08/2007 dans R2. Du KINNAUR |
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KA L PA
A Kalpa, Shiva se retire l'hiver
pour méditer... en tirant sur son shilom...
Cette fumerie divine contribue-t-elle
aux nuages qui souvent recouvrent
les neiges éternelles du Kinnaur Kailash ?
Les temples de Narayan-Nagini
magnifiquement décorés en bois
de sculptures d'oiseaux, de tigres, crocodiles,...
ressemblent à des chalets de montagne
Aucun singe, mais des vaches, chèvres et moutons
A Kalpa, des chiens errants le jour
hurlent en bandes vers 3 ou 4 heures du matin
les mouches sont omniprésentes
sans-gêne, fureteuses - satanées mouches !
A Kalpa, un homme scalpe les bêtes
de leur peau - en public
au-dessus de la place principale
autour de sa cabane, des chiens rodent...
A Kalpa, je regarde les abricots
sur les toits-terrasses sécher au soleil
et les pommes rougir dans les vergers.
Le vent m`empêche de photographier les fleurs
Dans ma guest-house, j'ai pour voisins de chambre :
une vache ruminant hors de l'étable
deux Allemands de Hambourg
remplacés aujourd'hui par trois Israéliens
amateurs de guitare
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 12:25, le 27/08/2007 dans R1. KALPA |
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Un DALAI LAMA VOYAGEUR
Ce Dalaï Lama voyage beaucoup pour donner des enseignements, il est donc assez facile de le voir.
Il a croisé ma route à plusieurs reprises.
D'abord au Ladakh, au sud de Leh, dans un village de réfugiés tibétains : Choglamsar.
Il est resté plusieurs jours.
La famille de ma guest house de Changspa (Solpon Guest House) s'est endimanchée pour aller le voir un matin.
De mon côté, les embouteillages sur la route, la foule et la nécessité de travailler à mon blog sur internet, m'ont poussé à rester à Leh.
Le 9 août, je pars pour la vallée de la Nubra, où le Dalaï Lama passe justement trois jours.
A mon arrivée à Diskit, il venait de donner un enseignement et la foule descend du Gompa de Diskit. Les rues sont pavoisées, beaucoup de personnes portent des tenues traditionnelles.
Le Dalaï Lama se rend aussi dans l'Himachal Pradesh.
Quand j'arrive à Kaza, j'apprends qu'il va donner un enseignement pendant six jours à Nako : du 22 au 27 août. Pendant cette période, Kaza, Tabo, Kibber et le Dhankar Gompa se vident littéralement !
Par exemple, il ne reste que deux moines à Tabo pour s'occuper des monastères et de la guest house... Leur fonctionnement s'en ressentent.
Le 23 août, cinq touristes seulement ont visité le Dhankar Gompa dans la matinée. Presque tous les autres étaient massés à Nako !
Partout où le Dalaï Lama passe, il draine des foules considérables, de moines, d'habitants, de touristes indiens ou étrangers.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 07:19, le 27/08/2007 dans Q5. Un DALAI LAMA voyageur |
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De TABO à CHANGO (Rodéo en jeep).
Que diable allais-je donc faire dans cette galère ?
Je m'allonge sur le dos pour offrir moins de prise au vent.
Le ciel tourne à grande vitesse, je ferme les yeux, mais je ressens les cahots plus intensément.
Yeux ouverts, je m' accroche des deux mains aux barres de la galerie. J'ai les muscles crispés, j'ai peur d'une crampe, et de lâcher. En ce cas, le vol plané est assuré, au mieux sur la route, au pire dans le ravin.
Déjà trois quart d'heure que je voyage à ciel ouvert, sur le toit de cette jeep...
La veille au dîner dans le restaurant du monastère de Tabo, je me mets d'accord avec un jeune chauffeur népalais. Départ vers 6 heures du matin. Trajet : de Tabo à Recong Peo en jeep, pour 160 roupies.
Ce matin avant 6h, je le croise dans les couloirs de la guest house. Départ prévu pour 6h30, car il a recruté "une famille de pèlerins".
Quand je descends, il finit d'accrocher sur la galerie les bagages de femmes du Kinnaur. Leur bonnet coloré, vert à la toque grise, est très reconnaissable. En attendant le départ, elles défilent dans plusieurs temples du monastère, que le jeune moine leur ouvre.
Je les compte : six, huit, onze, treize... Comment allons-nous tous entrer dans la jeep ?
Le chauffeur tasse mes deux sacs à dos dans le minuscule coffre arrière. Il me désigne une place sur son propre siège avant, à cheval sur le levier de vitesse. Deux femmes se serrent à ma gauche...
Quand toutes les femmes arrivent, le chauffeur comprend enfin le problème.
Il me montre le toit. Est-ce que j'accepte de grimper sur la galerie ?
Cela semble être une solution...
Vers 6h45, la jeep démarre. Assis en tailleur sur les bagages, je m'agrippe aux cordes reliant les sacs. Vais-je tenir le coup ? Lentement, la jeep traverse Tabo.
Attention aux fils trop bas qui traversent la route ! Je baisse la tête au bon moment. La vigilance s'impose...
La jeep passe sous le portique, tourne à droite sur la route principale qui mène à Recong Peo, soit 160 km. En Inde, il faut huit heures pour accomplir cette distance...
Je calcule le temps qui me reste. Les femmes descendent à Nako, pour l'enseignement que donne le Dalaï Lama pendant six jours. Soit plus de 60 km, réalisables en trois heures ! Je ne suis pas au bout de mes peines...
Les paysages de montagnes sont magnifiques, mais je manque de sérénité pour en profiter. Pendant les cinq premières minutes, le chauffeur roule assez lentement.
Ensuite, il semble oublier son passager dans le vent, perché sur sa nacelle. Il accélère sensiblement, pour ne pas se laisser distancer par deux jeeps, roulant devant nous...
Je ne peux plus rester assis, le vent me chahute trop. Je m'allonge sur le dos, accroché aux cordes, la capuche de ma veste rabattue sur la tête.
La route dévalle vers la Spiti en longs lacets, je plonge dans ce gouffre comme en un tobbogan géant. Je n'entends que le moteur de la jeep, le bruit du vent s'engouffrant dans ma capuche et dans les deux jambes de mon pantalon. Me voilà transformé en bibendum...
Après trente minutes, la nuque commence à me faire mal.
J'essaye de me rasseoir, mais la jeep va trop vite, je suis obligé de me recoucher sur le dos, comme un martyr chrétien de l`antiquité, lié sur le dos d'un taureau sauvage.
Le rodéo continue, je redoute une crampe, mais pour l'instant, j'arrive à détendre mes bras lorsqu'ils sont trop crispés.
De temps en temps, je sursaute sur mes sacs, secoué par la route défoncée.
Je me maintiens sur mon perchoir : talons fixés à la barre antérieure de la galerie, mains agrippées à la galerie ou à des cordes.
Soudain, la jeep s'arrête. Je descends en vitesse pour me détendre. Le chauffeur bafouille que c'est un check-point, que je dois continuer. Pendant que j`urine, il démarre en trombe !
Je marche donc deux cents mètres, jusqu'à la barrière du check-point située juste avant le pont de Sumdo. En 1h30, nous avons parcouru les 33 km séparant Tabo de Sumdo.
Je rejoins le chauffeur dans la pièce où un policier vérifie les permis de passage au Kinnaur, ainsi que les passeports. Tout va bien.
Puis je rejoins la jeep. Coup d'oeil à l'intérieur : c'est l'entassement garanti ! Deux femmes me donnent des boulettes comme petit déjeuner. Je m'empresse d'en manger, car le rodéo sur une jeep, cela creuse !
Sur un signe du chauffeur, je franchis à pied le pont et continue sur quelques dizaines de mètres... avant de monter à nouveau sur le toit de la jeep.
En mangeant avec délice les deux boulettes, j'arrive à rester assis car la route monte et la jeep roule à une allure modérée.
De plus, l'arrêt à Sumdo et la nourriture me rendent optimiste, j'arriverai à boucler les 28 ou 30 km qui restent jusqu'à Nako !
A part quelques cahots spectaculaires, j'ai moins de frayeur que sur le début du parcours. De plus, je m'habitue peu à peu aux difficultés et je parviens à détendre régulièrement mes muscles.
La route passe dans une très belle région, encaissée. La Spiti continue sa course folle avant de se jeter au Sud de Nako dans la Sutlej.
Dix-huit kilomètres plus loin, nous arrivons à Chango, situé à 3658 m d'altitude, directement au coeur du village. Foule et embouteillage. Sous leur parapluie, des piétons se protègent du soleil.
Cette fois, le chauffeur de notre jeep a oublié de s'arrêter avant le check point ! Un policier, qui me voit descendre de mon perchoir, nous accueille le chauffeur et moi, avec colère :
- " Vous avez risqué un grave accident ! C'est dangereux sur cette route !"
Le chauffeur népalais baisse la tête et laisse passer l'orage. J'explique au policier que la jeep est archipleine, que j'ai payé pour voyager à l'intérieur. Mais que sur la proposition du chauffeur...
Un autre policier vérifie mon permis. Je tends mon passeport au premier policier, qui l'ignore avec hauteur, préférant engueuler vertement mon chauffeur...
Le policier me demande si j'ai déjà payé le voyage en jeep.
- "Non ? Dans ce cas, pas question de continuer. Prenez ce bus pour Nako !" Et il me montre un bus qui franchit le check point, m'accompagne, vérifie que je m'y installe...
Ainsi se termine mon parcours de 51 km sur le toit d'une jeep entre Tabo et Chango, sur une des routes les plus accidentées de l'Himalaya.
Dix kilomètres plus loin, après la traversée de paysages à couper le souffle, le chauffeur de la jeep m'attend à la sortie du bus à Nako. Avec d'autres passagers, je continue, à l'intérieur de la jeep, jusqu'à Recong Peo, à environ 110 km.
Ce diable de chauffeur est responsable d'un accident avec une petite voiture peu après Nako, mais c'est déjà une autre histoire...
Lionel Bonhouvrier.
DROIT D'AUTEUR :
Les textes et les photographies présents sur ce blog http://inde2.uniterre.com sont protégés par le droit d'auteur et les droits de propriété intellectuelle.
Toute reproduction ou représentation, sans autorisation préalable de l'auteur, en tout ou partie, de tout texte présent sur ce site à d'autres fins sur un quelconque support est interdite.
Le non-respect de cette interdiction constitue une contrefaçon pouvant engager la responsabilité civile et pénale du contrefacteur.
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Publié à 07:14, le 26/08/2007 dans Q4. De TABO à CHANGO (Rodéo en jeep) |
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CHECK POINTS au KINNAUR
Pour traverser le Kinnaur
un permis est imposé aux étrangers.
La route de KAZA à RECONG PEO
regorge donc de check points
J'arrive à SUMDO, perché
sur le toit d'une jeep depuis Kaza...
mais le chauffeur me fait descendre
avant l`arrivée au check point :
je passe comme une fleur
A CHANGO, le chauffeur oublie
de me faire descendre !
Le policier du check point s`énerve :
et si j'avais eu un accident ?
Il en oublie de vérifier mon passeport
pas question de remonter dans la jeep
il me fourre dans un bus pour Nako
A Nako, je remonte dans la jeep
pour une centaine de km jusqu'à Recong Peo
Arrêt à un check point du côté de PUH.
Un gamin somnole contre ma poitrine...
... et vomit trois fois par la portière...
J'arrête la jeep, débarbouille
le malade et le fais marcher
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 07:09, le 25/08/2007 dans Q3. CHECK POINTS au KINNAUR |
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DHANKAR : nid d'aigles
Dans la vallée de la Spiti, à Sichling
une route en lacets grimpe sur 8 km
jusqu'à Dhankar
traverse le village jusqu'au gompa
On accède au toit par une échelle branlante
à laquelle il manque des planches :
aléatoires sont les voies du Ciel !
Un précipice aimante vers la Spiti :
les méandres d'un lit très large dérivent
avec d'infinies nuances de gris et de blanc
sur une rive, des larmes vertes et jaunes
semblent des oasis de joie
Sur le côteau, des champs en terrasses
quadrillent l'espace de rectangles fertiles
tout le reste est du sable et des roches
gris, marron, brun - stérile et désertique
Au loin, les montagnes grises et beiges
sont entaillées par la Spiti, où se jettent
les eaux blanches d'une autre rivière
bouillonnantes, qui luisent au soleil
Sur le toit, le vent secoue de longues cordes
ornées de drapeaux multicolores
qui délivrent des prières dans l'espace
des têtes de mort à tridents
grimacent au-dessus de tonneaux colorés
Côté village, des cheminées de fée ponctuent
le cirque de montagnes en demi-cercle
au sommet, un monastère plus récent
domine l'ensemble du Dhankar
Un seul moine fait visiter le monastère
tous sont à Nako, où enseigne le Dalaï Lama
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 07:06, le 24/08/2007 dans Q2. DHANKAR : nid d'aigles |
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TABO : la VIE d'un MONASTERE
Les deux moines restés à Tabo
(les autres étant à Nako, voir le Dalaï Lama )
mènent la puja de 6 heures
l'un joue du gong et des cymbales
l'autre agite la cloche et le tambourin
ils psalmodient les textes bouddhistes
Dans les temples, un puits de lumière
permet de voir une partie des fresques :
bouddhas et boddhittavas, dieux et déesses
sages et ermites, quelques mandalas...
On ne peut photographier
ni rester le temps souhaité
un seul moine fait visiter sept temples...
Perché sur un temple, ou sur le toit de l'auberge
je regarde Tabo
le ciel au lever du soleil, à son coucher
les grottes des collines où flottent des drapeaux
Chaque soir, la bibliothécaire fait le tour
du monastère - suivant un itinéraire immuable
déambulant dans ce mandala
dont les temples sont les cercles de pierre
Au restaurant du gompa, les rencontres
se nouent : on déplace chaises et tables
un chauffeur de jeep recrute des clients
dîner aux bougies en cas de coupure de courant
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 07:03, le 23/08/2007 dans Q1. TABO : la vie d'un monastère |
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Du SPITI au KINNAUR
A KAZA, après des heures de bus, on se repose
les villageois viennent y faire leur marché
les voyageurs étrangers attendent leur permis
pour traverser le Kinnaur, près du Tibet
Au KI GOMPA, je passe une matinée
arpenteur sur les toits du monastère
imitant éperviers et corneilles en leur vol
avant de boire un thé offert par un moine
A KIBBER, je filtre à pleins poumons le temps
da | | |