SHIMLA : débordements
"Les mortels vivent dans l'égarement
et ne sont pas même capables
d'inventer un remède à la mort."
(Hymne homérique à Apollon).
I
Ton corps est délivré de la putréfaction
en état d'apesanteur
ton âme défile au-dessus du Mall, à Shimla
telle un faucon
difficile de savoir ce qui passe
outre le temps et l'espace
la terre minuscule rêve de l'univers
Ce qui exulte cherche une langue nouvelle
où inventer l'amour - sa présence de ravage
la vie est enveloppe trop étroite
à faire muer - à faire muter en plénitude
L'amour déborde des corps, irradie les âmes
s'accomplir est son devoir
peu importe l'issue : calvaire, poignard, bombe
la tragédie accomplit l'amour sans mesure
II
Les Grecs redoutaient la démesure
les Gaulois que le Ciel leur tombe sur la tête
la peur raisonnée est prudence salutaire
mais l'amour s'en balance
lui seul poursuit le diable dans ses retranchements
impasse dangereuse, souvent mortelle
la mort étant la peur par excellence
le cadavre est son précieux fétiche
Lionel Bonhouvrier.
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