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JIVYA SOMA MASHE et NEK CHAND
(Exposition à la Halle Saint-Pierre, été 2007).
JIVIA SOMA MASHE
Dans une rivière nagent des anguilles, des crabes, des serpents, des tortues et toutes sortes de poissons. Sur une rive, des femmes lavent du linge. D'autres se baignent. D'autres femmes retournent à leurs cases en file indienne, jarres remplies sur la tête.
Ceci ne représente qu'un coin d'une peinture de Jivya Soma Mashe. Il peint sur de grands rectangles de papier bicolores. Le fond est ocre, un peu doré. Les motifs sont blancs, un peu argentés.
Cette exposition à la Halle Saint-Pierre, au bas du Sacré-Coeur, mêle au premier étage sculptures et peintures.
Voir des sculptures de Nek Chand dans un musée me surprend, car je les ai découvertes dans le plein air du Rock Garden de Chandigarh (au Pendjab). Mais j'ai peu de choses à rajouter sur ce que j'ai écrit par ailleurs.
Statuettes de NEK CHAND
Yogi de NEK CHAND
Jivya Soma Mashe peuple ses peintures d'un fourmillement d'activités. Les habitants de villages warli (une tribu vivant à environ 150 km au nord de Bombay) sont représentés :
- dans leurs travaux agricoles : labourage, semis, tracée des sillons dans les champs,...
- dans leurs travaux d'artisanat : fabrication de panniers d'osier, construction de huttes,...
- dans les scènes de nourriture : femmes pilant des céréales, faisant la cuisine, ou distribuant à manger,...
- dans des scènes les plus variées : soins aux bêtes, jeux d'enfants, scènes de ménages entre adultes, siestes, fumeries dans une case, grimpée aux arbres,...
Les formes sont stylisées par l'emploi du triangle, du cercle et du carré.
Humains et animaux sont figurés par deux triangles, dont les pointes se touchent. Bras et jambes filiformes tracent des lignes brisées pour suggérer le mouvement. Une boule pour la tête. Certaines têtes ont une petite boucle, un chignon, ce sont donc des femmes.
De grands cercles polarisent des dizaines de danseurs, au centre de certaines peintures. A l'extérieur, le chef avec son bâton étoilé mène les danseurs, qui se tiennent par les épaules, en décrivant une spirale.
Sur les côtés, des musiciens en mouvement jouent de trompettes, tambours, gongs,... Ailleurs, je remarque des scènes religieuses : trois ou quatre sorciers avec trident, tambourin et cobra, gesticulent ; une case-temple contient une statue, honorée par des fidèles,...
Parfois, un carré central polarise une peinture, décoré de plusieurs frises internes. Ces carrés contiennent des chevaux, montés par des cavaliers. Autour, arbres, oiseaux et petits bonhommes, complètent l'espace.
Ou c'est un rectangle qui donne son centre de gravité à l'oeuvre :
Les peintures sont surchargées d'éléments naturalistes ou plus symboliques. Dans les villages, les arbres et buissons sont nombreux, aux formes les plus diverses, avec feuilles, épines, boules.
En dehors des rivières, les animaux pullulent : oiseaux (grues, paons), singes, écureuils, sauterelles, lézards et serpents, fourmis et termites, scorpions et araignées, tatous, cerfs et daims, vaches et zébus, chèvres, poules et renards, chevaux, sangliers, tigres...
Dans le ciel, un soleil ou un croissant de lune surplombent ces scènes de vie villageoise.
L.B.
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